Coupure totale : Plus d’Internet, de TV, ni de téléphone, et impossibilité de payer par carte bancaire

Gabin Lefort · 7 août 2026 · 5 min read · 900 words

Un acte de vandalisme a plongé le centre-ville de Perpignan dans une coupure totale des réseaux. Depuis mardi 4 août, les habitants et les commerçants du quartier Arago subissent une panne internet généralisée. La perte TV et le telephone hors service compliquent le quotidien. Dans certaines boutiques, le paiement carte bancaire impossible fait fuir les clients.

Les faits remontent à mardi soir. Entre 20 h et 20 h 15, deux câbles ont été sectionnés à la disqueuse, sans être volés. Un geste malveillant qui a entraîné une disruption communication pour près de 400 clients du centre-ville. L’opérateur Orange a immédiatement déposé plainte.

Coupure totale à Perpignan : le détail d’une défaillance réseau

Le quartier Arago est le cœur de la zone touchée. Les rues de l’Ange, Fontfroide et Petite la Réal sont particulièrement concernées. Les techniciens parlent d’un câble de gros diamètre, ce qui rend la réparation délicate. Selon l’attaché de presse d’Orange, le délai pourrait atteindre une dizaine de jours.

Cette interruption services numériques ne touche pas que les particuliers. Les entreprises locales subissent aussi des pertes directes. La braderie d’été, qui bat son plein cette semaine, amplifie encore les dégâts économiques. Les commerçants décrivent un dysfonctionnement services essentiels difficile à contourner.

L’ampleur de la panne dans les foyers perpignanais

Annie Ascola, habitante de la rue de l’Ange, témoigne. Elle a perdu l’accès à Internet, à la télévision et au téléphone fixe dès mardi soir. Seul son téléphone portable lui permet encore de communiquer. Elle s’inquiète particulièrement pour les personnes âgées du quartier, isolées sans ces moyens de communication.

L’opérateur lui a annoncé un retour à la normale pour le mercredi 12 août. En attendant, elle espère que le voisinage se mobilisera pour les plus vulnérables. Une solidarité de proximité qui fait défaut à l’ère du tout numérique.

Paiement carte bancaire impossible : les commerçants en première ligne

Dans les boutiques, la situation est critique. La boutique de prêt-à-porter pour enfants, située rue François Marie Voltaire, n’accepte plus les cartes bancaires depuis mercredi. Le Wi-Fi est coupé, et les box de secours récupérées en boutique ne sont pas compatibles avec le terminal de paiement électronique.

La gérante a acheté un terminal SumUp pour dépanner, mais sans connexion, il est inutilisable. Elle demande aux clients d’aller retirer de l’argent en espèces, une solution qui dissuade certains acheteurs. Résultat : des ventes perdues, chiffrées en centaines d’euros, en pleine période de braderie.

Des solutions inégales selon les contrats professionnels

À quelques mètres de là, la mercerie La Couserie créative s’en sort mieux. Grâce à un contrat professionnel avec Orange, le gérant a obtenu une box de secours rapidement. Il peut continuer à encaisser et à travailler normalement. La différence réside dans la réactivité du service client et la flexibilité des offres.

D’autres enseignes, comme Etam, ont reçu directement une nouvelle box envoyée par leur siège social. Mais cette solution n’a pas fonctionné partout. Les petits indépendants, moins outillés, restent les plus vulnérables face à une défaillance réseau de cette ampleur.

Interruption services numériques : les parades mises en place par Orange

Orange affirme ne pas laisser ses clients sans solution. L’opérateur propose plusieurs alternatives concrètes.

Ces mesures permettent de réduire l’impact immédiat, mais ne remplacent pas une réparation complète. Les techniciens doivent remplacer un tronçon de câble endommagé sur un axe majeur. Un travail minutieux qui mobilise des équipes spécialisées pendant plusieurs jours.

Blackout digital et résilience : les leçons d’une panne urbaine

Cette défaillance réseau révèle une fragilité structurelle. Toutes nos activités dépendent désormais d'une connectivité permanente. La télévision, la téléphonie, les paiements, mais aussi la domotique ou les alarmes. Un seul acte de malveillance peut provoquer un blackout digital localisé aux conséquences économiques réelles.

Les collectivités et les opérateurs doivent repenser la redondance des infrastructures. Rien ne remplace une ligne fixe de secours ou un point d’accès mutualisé pour les commerces de centre-ville. la résilience passe aussi par une sensibilisation des habitants aux gestes simples, comme vérifier régulièrement ses équipements ou maintenir un contact de proximité.

La disruption communication de Perpignan n’est malheureusement pas un cas isolé. Les vols de câbles en cuivre et les actes de vandalisme se multiplient en France depuis plusieurs années. Chaque incident rappelle que le numérique, aussi performant soit-il, repose sur des maillons physiques vulnérables. L’attente d’une réparation en dix jours, avec ses conséquences sur la vie locale, est une piqûre de rappel brutale.